[Cinema] The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society, de Mike Newell.

Je ne suis pas sûre d’avoir vu un titre aussi long depuis que j’ai commencé à fréquenter les cinémas… En tout cas si The Guernsey n’est pas le plus long, on tient quand même un champion, non ? Je m’étais déjà dit ça en lisant le livre, il y a quelques années déjà. Je me souviens d’ailleurs m’être dit à l’époque que ce livre allait d’office se voir adapter en film. Ma prescience m’épuise parfois. En tout cas, ça, c’est fait : Mike Newell (Mona Lisa Smille, Love in Time of Cholera), quand même une sacrée pointure du film d’époque, s’est attelé à la tâche de ce double film historique.

Double ? Oui, double ! Car nous n’y voyons pas seulement une mais deux époques du passé proche s’entremêler sur l’écran. On assiste à deux histoires parallèles, celle de la société littéraire pendant la deuxième guerre mondiale et l’occupation de Guernesey par les allemands ; et celle de Juliet, écrivain en panne d’inspiration, qui vient enquêter sur le phénomène qu’est cette société littéraire. Et c’est justement ce duo qui donne une dimension très riche a cette œuvre, que ce soit en livre ou en film. Je m’explique. Il y a un mystère qui court tout au long de l’histoire, le spectateur/lecteur suit Juliette dans son enquête, à essayer de découvrir ce qui a donc bien pu se passer pendant les années troubles de l’occupation. La communauté blessée de Guernesey n’est pas vraiment facile à intégrer, sauf peut-être via les plus jeunes, qui n’ont pas subi les horreurs de la guerre de la même manière. C’est une période grise et dure de l’occupation (ciels bas, nuit, froid dominant…). De l’autre côté, on assiste à la reconstruction effrénée de Londres, où tout un chacun se lance dans une course au plaisir acharnée (danse, bar bondés, bling bling dans tous les sens), mais aussi la reconstruction de l’ile (soleil, beaux paysages…). Newell nous montre ce contraste d’une main de maitre par les jeux de lumière qu’il utilise. Et maintenant, bravo, j’ai envie d’aller visiter Guernesey. C’est malin !

Pour ceux qui se poseraient la question, non, film n’est pas une suite de Downton Abbey – même si le casting ressemble étrangement à celui de la série historique phare de ITV. On a d’abord en période d’après-guerre la lumineuse Lily James, que j’aime beaucoup, qui joue Juliet, la journaliste en quête d’inspiration. Elizabeth, l’héroïne pendant l’occupation, est quand a-t-elle jouée par Jessica Brown Findlay (souvenez-vous de Lady Sybil). On trouve aussi dans ce film Matthew Goode (une des prétendants de Mary), qui joue l’excellent amie de famille/éditeur de Juliet, ainsi que Penelope Wilton (ah, Mrs Crowley) qui joue la figure maternelle d’Elisabeth, blessée mais fière. A priori les autres acteurs au générique n’ont pas joué dans Downton Abbey, j’ai vérifié… Mais ça ne joue pas du tout en leur défaveur. Parmi eux, notons le délicieux et brulant Michiel Huisman (ou le second Daario Naharis de Game of Thrones si vous preferez), qui joue tres bien le beau brun tenebreux, tellement tenebreux qu’il en réussit à presque louper sa chance de bonheur. Le GI amoureux de Juliette est assez insipide mais bon, il est bien utile mais il n’est pas là pour briller non plus.

Je mettrais deux bémols à ce film quand même. L’héroïne Juliette tourne un peu à la Mary-Sue à mon gout, un poil trop niaise. Elle n’a pas de problèmes cette petite, et on dirait qu’elle a peine vécu la guerre (à part un évènement tragique, choupette). C’est l’après-guerre mais elle passe au-dessus des problèmes que cette période difficile a engendre… Ce n’est qu’au milieu du film qu’elle se demande si elle a encore de l’argent, et surprise elle en a encore ! on applaudit ! C’est un poil too much quand même. Et cette robe jaune, non, juste non. Un autre point qui m’a embêté, j’ai trouvé que la résolution du triangle Elisabeth-Dawsey-Juliet bâclée par trop de non-dits. Il me semble que dans le livre c’était plus clair que ça, mais je vous laisse juger.

Dans l’ensemble, c’est un bon film, avec de bons acteurs et un set plus que chouette, mais un peu trop léger pour ce qu’il aurait pu être. 3.5/5.

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Good evening to you to my dear cinema-lovers! Today I will review the movie with the longest title ever (or at least of the movies I have seen and remember). Seriously, this title is a mouthful. When I read it a few years ago, I remember thinking that first, this would be a great movie, and that, second, this title would be interesting on a movie poster. Well, they did certainly avoid around the problem by making it in the form of a post stamp, way smaller than the heroin played by Lily James. Well done. So, I knew this would be a movie and I am glad one of the champion of period movies, Mike Newell (Mona Lisa Smile, Love in Time of Cholera), has tackled this double historical feature.

Double! Yes, indeed… In this movie, we are getting back and for the between two different periods, one during the German occupation of Guernsey during the Second World War, and the second during the reconstruction years after said war. The two periods are finely meshed around a mystery involving a literary society and a fierce woman named Elisabeth that Juliet, a writer looking for inspiration, is trying to decipher. So, we alternate between the grim, cold and menacing period of the occupation, with gay and jolly circus period that followed for those who survived it unscathed, in fun times spend dancing in bar, bright new paint on door and sun shining. Mike Newell plays the colour palette quite well in this creation of his. And now I want to visit Guernsey!

Some people, looking at the cast, may ask: Is that a sequel of Downton Abbey? No, it is not (unfortunately?), but the actors certainly make you think so. The heroin Juliet is played by the impossible-to-avoid-lately Lily James (I like her, don’t get me wrong, but she is indeed everywhere, isn’t she?), and her occupation counterpart is played by Jessica Brown Findlay (remember Lady Sybil?). We also find on Guernsey Penelope Wilton (Mrs Crowley) and in London, Matthew Goode (one of Mary’s suitors). The non-Downton cast are not to be left aside, especially the hot and brooding Michiel Huisman (Daario Naharis in Game of Thrones). Too brooding that he almost looses his one chance of happiness but well. The actor playing the GI is not worth mentioning, a bit meh I thought.

I would put down two minus marks for this movie. The first one is about the heroin, who I find just too naïve to my taste. The period after the war was quite grim, and she goes around without a care in the world and only ask halfway if she still has money. Well. And that yellow dress, although she wears it well, no, just no. The second point I did not like so much was the way the resolution of the love triangle is done – I think it was way clearer than that in the movie. But let me know what you think.

Overall, a good movie, with interesting characters and a nice set, but a bit too light for what it could have been. 3.5/5.

[Theatre] Aladdin, The Disney Musical.

For my review of this musical in English, see below the En Français part.

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J’habite à proximité de Londres, quoi de plus naturel que de profiter de l’offre plus qu’alléchante qu’on y trouve en terme de comédies musicales. Le West End de Londres est le Broadway de ce côté-ci de l’Atlantique, et ne pâlit pas en comparaison (même si mes connaissances de la Mecque du « musical » datent de l’époque pre-9/11). Certes, on y trouve de tout: des comédies musicales intimistes qui ne restent que quelques semaines à l’affiche avant de disparaitre sans un bruit, mais aussi les blockbusters qui sont là depuis des années, et qui ont réussi à épuiser plusieurs séries d’acteurs sans fatiguer le public ! Aladdin est le dernier venu de cette dernière catégorie puisque la première représentation de ce classique de Disney a eu lieu en Juillet 2016. Mais clairement, cette comédie musicale est bien installée au Prince Edward Theatre, et devrait rester à l’affiche un bon bout de temps.

Déjà, il suffit d’entrer dans le théâtre pour être plongé dans la magie d’Aladdin. Le rideau qui ferme la scène en attendant le début du spectacle est très beau: coloré, sur des tons chauds rose/orange et un style très Disney (un peu too much d’accord, mais après tout on est là pour ça, non ?). La scène d’ouverture fait opérer la magie directement: c’est le génie (non déguisé pour les puristes) qui ouvre le bal. Mais la première chose que j’aurais dû faire – je le saurai pour la prochaine fois – c’est regarder le dessin animé Disney en anglais. Pourquoi ? Parce que même si je reconnais l’air, je ne connais pas les paroles des chansons et c’est quand même dur d’essayer de déchiffrer ce que les acteurs disent tout en appréciant la beauté des décors et le rythme de l’action. Alors oui « Arabian Nights » reste facile à comprendre, de même que « Friend Like Me » mais je pense que ça diminue quand même le plaisir de l’expérience.

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Si on s’intéresse au casting, le premier personnage qui vient en tête est le fameux Génie. Extrêmement drôle, plus vrai que nature, et avec de l’énergie à revendre: pour moi, c’est vraiment le héros de cette comédie musicale. C’est aussi le seul personnage qui casse le quatrième mur et s’adresse à nous – les spectateurs – directement (souvent avec des blagues sympas). Le tout avec un style très diva américaine excellent. Jasmine est juste comme il faut, très belle et, même si ce n’est pas vraiment politiquement correct de dire ça : de la « bonne » couleur (c’est d’ailleurs vrai pour l’ensemble du casting). Aladdin est très charmant aussi, mais je ne me souviens pas qu’il avait des pectoraux de cette qualité dans le dessin animé (bon ok, a 10 ans, je suis pas sure que c’est-ce que je regardais). Un seul bémol pour moi, j’ai trouvé que la voix d’Aladdin était juste en dessous de celle de Jasmine, et ça se sent d’autant plus dans le duo « A Whole New World » (« Ce Rêve Bleu » en version française). Par rapport au dessin animé, on a quelques changements de casting: pas de singe Abu (à la place on a un trio comique de compères d’Aladdin: Babkak, Omar, and Kassim) ni de tigre Rajah (remplacé par trois suivantes de la princesse). Iago n’est pas un perroquet mais un homme plutôt petit. Ces changements ne m’ont pas choquée, et plus de personnages apporte de la richesse au spectacle.

Je crois que ce qui m’a le plus dans cette comédie musicale, c’est le rythme : tout s’enchaine très vite, que ce soit les chansons ou les changements de décor. J’en ai pris plein les yeux, et c’est-ce que j’attends d’un tel spectacle. Apres avoir vu d’autres comédies musicales qui m’ont un peu déçue (Wicked, Dirty Dancing…) me voilà réconciliée avec le genre. J’ai d’ailleurs décidé d’aller en voir d’autre avant de rentrer en France (voir compte à rebourd ci-contre), à commencer par le Roi Lion la semaine prochaine.

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disneys-aladdin-theatre-tickets-19120136If you’ve ever been visiting London, I am sure you’ve considered going to a West End Musical. It is less expensive than a trip to New York’s Broadway, and, in my opinion, just as good. But then again, I would love  to go back to NY, and then I would definitely go and see a musical there. You can find many different shows in the West End: the small production kind, that comes in for a few weeks and then disappear, but also the mega-production that is here to stay for many many years, tiring squads of actors but never those who come to watch it. Aladdin is of the last kind, although one of the most recent. The premiere was in July 2016, but I believe it is in the Prince Edward Theatre to stay. It does not mean that you should not run to watch it – I say you should !

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One of the first thing that strikes the mind when getting into the theatre is the decor. All around me is in hues of red, orange and red. The most striking feature is actually the curtain that protects the stage before the show starts. As the Mother said : it would do a nice curtain in your house, and indeed it would as it is very pretty and one of a kind. A bit too much maybe but well, this is a musical. And a Disney one at that ! Actually there is one thing I should have done before going to watch this musical : watch the Disney movie again, and in English. I know the tune of the songs, but not the lyrics – having seen the movie in French only when I was a kid. If I have known the songs beforehand, I think I would have appreciated more the upbeat rhythm of this show, as well as its amazing stage décor. Yes, I recognized easily « Arabian Nights » and « Friend Like Me » but well – it is not the same. There was also an very annoying kid in my back that obviously did not know the English version of the story and kept asking – out loud – to her mother to translate. Which she did – out loud too. SHUT UP !

Looking at the casting, the first one who jumps to your mind will be the Genie. What a character ! He is truly amazing and larger than life, in a kind of an American diva style. Breaking the fourth wall and addressing us, the audience is only one of his perks (« not bad for a Monday »). Jasmine is just as she should be – very pretty – and, dare I say, of the right « colour ». I know I am not politically correct, but I would have hated it if they had white-washed this show. They did not, and that is true for all of the casting. After all, the story is supposed to happen somewhere in the Arabian peninsula. The actor playing Aladdin is very charming – but I don’t remember the movie character having such nice pectorals (maybe I was not looking at 10 yo). I would not give him a 10/10 though, as I felt that his voice was slightly under Jasmine’s, and that made the duo a bit feeble on his side, like in the famous « a whole new world ». There are few casting changes compared to the book, but I believe that they were justified and bring a nice touch to the play: there is no monkey Abu (but three friends of Aladdin taking over: Babkak, Omar, and Kassim), no tiger Rajah to protect the princess (but three maidens to keep her company), and the evil Iago is not a parrot but a very small man.

I think that what pleased me most in this musical is the rhythm of it all – you’re here to get stars in your eyes, and this show does the job. After a series of mildly satisfying musicals (Wicked, Dirty Dancing…), I have a renewed interest in the genre, thanks to Aladdin. In the days that I have left in the UK before I come back to France, I will go and see a few of those, starting with The Lion King next week !

[Cinéma] Lady Bird, de Greta Gerwig

For my review of this movie in english, please check below the « en français » part.

Lady_Bird_posterLe printemps pointe son nez en Angleterre, et c’est la première sortie de mon manteau demi-saison: direction le fameux cinéma Odyssey, à St Albans. Quel chouette endroit ! Il n’y qu’une seule salle, un théâtre en fait, avec fauteuils confortables, nappes blanches sur tables rondes et bar ouvert durant tout le film. Le tout das une ambiance très Golden Age d’Hollywood. D’habitude je vais au multiplex du coin mais quand l’occasion – ou un meetup bien organisé – se présente, je me fais un plaisir d’aller me faire une toile dans ce cinéma à dominante art & essai.

Au menu de cette soirée, Lady Bird. Une histoire, apparemment autobiographique, qui vous retourne en toute simplicité. Comment ? Il s’agit simplement d’une histoire vieille comme le monde, basée sur les relations entre une ado rebelle et sa mère épuisée qui a du mal a joindre les deux bouts. D’un côté comme de l’autre, les mots ne passent pas. Et pourtant l’amour entre les deux protagonistes est évident. On a vraiment envie de leur dire « mais ça suffit ! ». Ce n’est pas un thème nouveau, mais il est traité de manière délicate et très intéressante, et surtout très juste. « Pensez-vous que l’amour et l’attention sont vraiment deux choses différentes ? ». On n’est pas sur un blockbuster bien sûr, mais sur une pépite poétique très agréable à regarder.

Qu’est-ce que j’aime Saoirse (prononcez Sorcha, vive les Irlandais) Ronan ! Voilà une actrice qui m’émeut sérieusement, et ce depuis

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un bon bout de temps: The Lovely Bones, Hanna, Brooklyn – pour ne citer que quelques uns de ses films. Je sais bien que le monde de Hollywood nous a habitué aux vieux adolescents, mais Saoirse a 24 ans, pas 17… Pourtant, son duo avec la toute aussi excellente Laurie Metcalf porte l’ensemble du film.

Si le genre vous intéresse, je vous conseille de ne pas perdre de temps. Qui sait combien de temps il restera à l’affiche !

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Spring is coming, and I put on my light coat for the first time to get to a nice Meetup at the Odyssey, the famous « artsy » cinema in St Albans. Far away from the local multiplex, this is a gem of a cinema, straight out of Hollywood’s Golden Age. White cloths on round tables, comfy chairs and bar opened during the whole movie – we’re far away from the usual Cola & Pop-Corn. Whatever the movie’s on, i urge to go and try this experience.

So tonight, we have this interesting coming-of-age story, which looks autobiographic, and is delivered excellently although the subject has been broached over and over again. The relationship between a rebellious daughter and her tense mother, who can barely make do for the whole family, and has less than an inch of patience for the antics of her daughter. And yet pushes her to be her best, and is bursting with repressed love. « Don’t you think love and attention are the same thing? ».

But obviously, the one reason I went to the cinema is Saoirse (pronounce Sorcha, seriously, what is it with Irish names. Here is an actress I truly like and admire, and that since quite some time: The Lovely Bones, Hanna, Brooklyn – just to name a few. She is 24 yo now but plays a 17 yo… Apart from that, her perfomance is excellent and full of feelings. Of course, she has a worthy oponent in the person of Laurie Metcalf – who plays the mother.

If this is your kind of stuff, run to the cinema – it’s been out for quite some time, and may not stay out for that much longer.

[Cinéma] L’Ile aux Chiens, de Wes Anderson

For my review of Isle Of Dog, check below the en français part.

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Les chiens sont formidables.

Wes Anderson. Cinéaste hors caste, abonné aux performances hors normes (l’étonnant La Vie Aquatique) et aux coups de génie venus de nulle part (souvenez-vous du burlesque Grand Budapest Hotel), Wes Anderson nous revient avec encore une fois un autre OVNI en stop motion : l’île aux Chiens, un film étrangement attachant. Je l’ai vu en anglais, mais n’hésitez pas à aller le voir en français: Wes Anderson, fervent francophile, a particulièrement travaillé la VF (c’est pas moi, c’est le magasine de l’Utopia qui le dit, alors…). A noter que Wes Anderson a reçu un Ours d’argent à la Berlinale 2018 pour ce film.

Les premières minutes étonnent. On entre dans un conte japonais ancien, stye estampes, avec jeux d’ombres, musique lancinante et bravoure. Puis le gros de l’histoire se passe dans un futur proche, au Japon. Les chiens parlent anglais entre eux, et on les comprend, c’est simple. Les humains, eux, parlent japonais – on n’a aucune idée de ce qu’ils disent, même si les émotions transparaissent facilement grâce aux fabuleuses expressions des personnages, et à quelques mots étrangement familiers (sit-u: assis, facile). Il s’agit d’un conte moderne, d’une poésie soignée, et avec une morale très actuelle: la haine mène au chaos. En tout cas, c’est mon interprétation.

L’animation est plus que soignée. Après une période d’adaptation, on en oublie (presque) qu’il s’agit de stop motion, et pas d’animation « classique ». Et c’est dire si c’est bien fait: Image result for l'ile aux chienschaque plan requiert un micro mouvement des figurines, de leurs expressions et des décors, et il y a beaucoup de plans par seconde (aucune idée de combien, mais clairement, beaucoup). Bon ça fait trois fois que j’essaie d’exprimer une idée, pas sûre que j’y arrive : le rythme du film n’est pas lent, mais il y a des arrêts sur image, des emphases si vous voulez, qui selon moi, donnent de la profondeur au film.

Les personnages sont extrêmement bien achevés, qu’il soient humains ou canins. Je salueImage result for l'ile aux chiens la bravoure du jeune Atari, la fourberie manipulatrice de son oncle et je donne une mention spéciale pour l’équipe des savants (ah, la faiblesse de la science contre la politique…). Mais les personnages principaux restent les chiens. Et le rendu de leurs caractères reste pour moi l’un des points forts de ce film: oui, ils parlent et on les comprend mais non, ils ne sont pas humains et réagissent comme des chiens, aucun doute là-dessus. Même leur manière de parler est rythmée sur des aboiements, grognements et autres expressions purement canines. Il faut le voir pour le croire.

L’ayant vu en anglais, je ne peux que parler du casting canin cinq étoiles en VO, mais la liste est impressionnante, que du beau monde : Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray, Jeff Goldblum, ScarJo… Pour ne citer qu’eux. OK, il ne s’agit « que » de leur voix, mais quand même ! Les japonais qui campent les humains sont inconnus à mon bataillon, sauf, étonnamment, Yoko Ono qui joue un personnage qui s’appelle, je vous laisse deviner… Yoko Ono!

J’ai donc, vous vous en doutez, passé un excellent moment, et je vous recommande de le voir sans tarder. Par contre, attention: oui il s’agit d’un film d’animation, mais non, ce n’est pas un film pour les jeunes enfants.

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Here goes…

Dogs are fantastic.

Wes Anderson is known to be a sort of UFO in the wonderful world of cinema. Never doing what we may expect from him, he managed to give us weird fun (The Life Aquatic of Steve Zissou) or unexpected genius (Grand Budapest Hotel). This one, in my opinion, falls into both categories, in stop motion on top of it all. It is nice to know that i am not the only one thinking this is a great movie : it received silver at the Berlinale this year.

So. This is an animation movie, although not for small kids, in which we understand dogs, who speak english, but not humans, who speak Japanese (apart from some very recognizable words such as sit-u, obviously « sit »). It is set in Japan, in a near future, and is a tale of brotherly love and the power of hatred. But that would be too simple a summary, i urge you to go and watch it for yourself.

The stop motion is amazing. Knowing that each second of movie requires an incredible number of « sets », in which the decor, the figurines position and their facial expressions  change ever so slightly, you can only appreciate the amount of work that went into that movie: it feels seemless. The movie is not slow, but there are emphasis that makes it quite ryhtmic.

But to me the best part is the work that went into the characters, especially the dogs. Each have their own personnality, and even if they are they only ones we understand, they truly are – and behave like – dogs. They are not, like in other animated movies, merely humans in animal form. They speak in what sounds like barks, they fight over a piece of garbage, they stop in the middle of a conversation because they heard « something »…

Just a note about the cast… Although most of the « human » caracters are voiced over by unknown japanese actors (or rather, unknown to me), the cast of dogs is nothing short of 5 stars : Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray, Jeff Goldblum, ScarJo… Just to name a few ! All with strong and amazing voices… I will make a special mention to the interesting cameo of Yoko Ono, who plays a human named… Yoko Ono !

Therefore, there is no doubt about what you should do… Run to the cinema !

[Cinéma] Hector and the Search for Happiness

Comment ? Je n’ai pas fini le Mexique et j’écris déjà sur autre chose, ah mais ça ne va pas ça ! Si, si ça va très bien, là, tranquille au soleil (faible) de Bruxelles. La suite du Mexique arrive bientôt, mais j’ai (enfin) réussi à reprendre des habitudes normales, soit un petit ciné/resto qui fait du bien. Bon point pour le resto (le Clan des Belges) mais là n’est pas le sujet de ce post.

062588.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxBref, hier je suis allée voir un feel-good movie plutôt sympathique : Hector and the Search for Happiness (ou Hector et la recherche du bonheur pour mes amis d’outre-quievrain qui n’auraient, les pauvres, pas accès à la VO). Au programme, l’histoire d’un psychiatre/psychologue (je ne suis jamais sûre de la traduction de psychiatrist en français) qui part en vadrouille à la recherche de la signification du bonheur pour pouvoir mieux aider ses patients. S’extirper de sa vie bien réglée pour partir en vadrouille autour du monde… On dirait un peu Eat Pray Love vécu par homme, mais à mon avis plus humble et avec ce charme qu’on ne trouve pas dans les grosses productions made in US.

Quelques longueurs en première partie mais la deuxième rattrape bien tout ça. Le casting est excellent, j’adore Simon Pegg de toute manière, c’est amusant de le voir sans Nick Frost. Il est excellent en grand enfant innocent, qui n’a vraiment aucune idée de ce qui se passe en dehors de son train-train quotidien. Mais bon, nous sommes moins bien servies, nous les filles, y a pas d’équivalent masculin de Rosamund Pike dans ce film. C’est marrant cette actrice… Un James Bond en 2002, un Jane Austen en 2005 puis plus grand chose pendant quasiment dix ans et cette année BOOM Gone Girl, ce film et j’en vois au moins trois autres en post production… Niveau seconds rôles, nous avons les excellents Toni Colette en amour de jeunesse très heureuse sans lui et Stellan Skarsgard en banquier excecrable et trop riche pour être heureux. Je ne commenterais pas sur Jean Reno en trafiquant de drogue, pour moi ça ne passe pas, c’est Jean Reno qui joue Jean Reno dans un film pour un public qui n’aurait vu que Leon.

J’ai bien aimé le fameux « i am not a rich person » d’Hector, ou quelque chose dans le genre, oui, enfin quand on a un appartement de dingue qui donne sur la Tamise en plein centre de Londres, il faudrait juste ne rien dire. Je veux bien être aussi pauvre que lui.

Bref, « We have an obligation to be happy ». D’accord, je commence demain !

4 étoiles.

[Cinéma] Grand Budapest Hotel

Et soudain, je me rends compte que les derniers films que j’ai vu ont tous un titre en trois mots. Coïncidence ? Je ne crois pas ! Bon allez, cessons les inepties en ce dimanche matin et parlons du bon film que j’ai vu vendredi soir, Grand Budapest Hotel donc, le dernier film de Wes Anderson (la Vie Aquatique, Darjeeling Limited).

D’abord, il faut le dire, on rit, presque malgré soit. C’est absurde, donc c’est drôle. Les envolées lyriques coupées par des « f**k » tout à fait terre à terre, sont divines. C’est burlesque, les décors sont en carton-pâte, c’est invraisemblable, on a vraiment l’impression d’assister à un conte. Bon c’est pas fin fin mais c’est sympa et on passe un bon moment.

Mais ce film vaut surtout par la galerie de personnages hauts en couleurs. Quel bonheur de revoir Ralph Fiennes dans un rôle à sa hauteur, et pas déguisé en Voldemort sans nez cette fois-ci. Il est juste excellent avec sa petite moustache et ses valeurs morales quelque peu douteuses. Et quelle brochette d’acteurs pour le soutenir ! Dans ce film, on a l’impression que chaque personne qui se retourne va être un acteur connu, grimé à la perfection. Mention spécial à Harvey Keitel, en prisonnier-baron de prison tout tatoué et constamment torse nu. Normal. On y voit aussi Jeff Goldblum, Adrien Brody, Jude Law, Bill Murray, Edward Norton, Tom Wilkinson, Owen Wilson, l’excellent Willem Dafoe qui fait plus peur que jamais, j’en passe et des meilleurs. Au final, c’est quand même un film de gars, il n’y a pas beaucoup d’actrices, à part une Tilda Swinton méconnaissable en mamie octogénaire et une Léa Seydoux en soubrette parlant français. Bref, du beau monde !

Trois étoiles.

Sur ce, je sors, il fait trop beau !

[Cinema] Dallas Buyers Club

C’est terrible. Je pense que le très talentueux Léo va encore repartir bredouille des oscars cette année, le pauvre (enfin, façon de parler). Bon je ne peux pas vraiment parler, je n’ai pas (encore) vu Le Loup de Wall Street, donc je ne peux pas juger de la performance pour laquelle il concourt. Mais Matthew McConaughey (oui j’ai cherché sur Google pour trouver l’orthographe exacte) est tout simplement excellent dans le récent Dallas Buyers Club.

On ne juge pas un film sur la performance d’un acteur. Peut-on le faire sur la performance de deux acteurs ? J’ai envie de dire oui. Matthew McConaughey (copié collé héhé) et Jared Leto (sans Google, trop facile). Un couple plutôt étrange mais qui fonctionne très bien. Enfin couple, je me comprends, disons duo à l’écran ce sera plus juste, vu que Matthew McConaughey joue un texan white trash homophobe au possible et Jared Leto un travesti pur jus. D’ailleurs en parlant de texan, je crois que j’ai gagné un grade en anglais, en regardant ce film sans vraiment lire les sous titres… Le texan white trash malade c’est dur, très dur. En lisant la bio de Matthew, je me rends compte que c’est naturel (le texan pas le white trash ni le malade), il est texan d’origine. En plus, les derniers films de lui que j’ai vu avec lui se passent dans le Sud (Mud, Killer Joe). A coté de ça, la performance de la revenante Jennifer Garner reste en demi-teinte, rien à dire – justement. On note le petit rôle de Denis O’Hare, l’infâme Russell Edgington de True Blood, dans un rôle moins gore mais tout aussi méchant de collabo.

Malgré le sujet tragique, cette histoire est filmée toute en douceur, sous une lumière très pâle. Comme si le réalisateur avait baissé l’intensité du soleil, c’est assez déconcertant. On pourrait penser que le virement d’opinion du texan farouchement homophobe est un peu « gros » mais ça reste plausible compte tenu des circonstances. Il y a même une dose d’humour qui passe sans problème malgré le sujet tragique. Et on en vient même à trouver le rodéo beau, vu que c’est très bien filmé. Jean-Marc Vallée signe encore une réussite, après l’excellent C.R.A.Z.Y. en 2005.

Bon allez, j’arrête là, je vous laisse vous faire une opinion par vous même, je crois que je pourrais parler pendant des heures ici. Juste pour dire, même si ce n’est pas forcement une référence, Dallas Buyers Club est en lice pour six statuettes aux prochains Oscars (le 2 mars), meilleur film, meilleur acteur pour Matthew McConaughey, meilleur acteur dans un second rôle pour Jared Leto, meilleur scénario original pour Craig Borten et Melisa Wallack, meilleurs maquillages et coiffures pour Adruitha Lee et Robin Mathews, meilleur montage pour John Mac McMurphy (Jean-Marc Vallée) et Martin Pensa. Tout simplement.

 Je vote 4 étoiles.

A bientôt !