[Australie] Ballades et randos, Vol. 1.

Vous le savez surement maintenant, j’aime marcher. De la courte ballade tranquille à la bonne randonnée bien intense, j’aime marcher. Quoi de plus naturel donc que de découvrir l’Australie à pied ? Sachant que je suis partie de France le 10 aout, j’ai eu le temps d’avaler quelques kilomètres de chemins… Ce que j’aime en rando, c’est réunir les trois points forts suivants : 1) un peu de difficulté parce que c’est d’en haut que c’est le plus beau, 2) un paysage époustouflant et semblable à nul autre et 3) pas grand monde sur le chemin.

Rim Walk, Kings Canyon
Je commence fort, à mon avis l’une des plus belles randos que j’ai faites jusque-là. Kings Canyon se trouve dans un coin bien paumé, au nord-est d’Uluru, et en direction des West McDonnell Ranges. La première montée est rude mais il y a des marches, et dans la fraicheur du matin, ça passe sans problèmes. La majeure partie de la rando s’effectue sur un plateau, et donc on a l’avantage d’un chemin relativement plat et d’un point de vue extraordinaire. Cette rando est faite pour les amateurs de géologie, et aussi de faune locale : j’ai pu observer un wallabie (sorte de petit kangourou) et son petit qui rentrait et sortait de la poche de sa mère. Merci pour les jumelles ! Sur le dernier point – celui du monde, je suis partie tôt pour éviter à la fois les cars de touristes et la chaleur qui monte vite en cette fin d’hiver dans le désert. Étonnamment, c’est l’une des seules randonnées en boucle qu’on ne peut faire que dans un sens (une porte bloque l’accès dans l’autre sens).

Uluru Base Walk, Uluru
Je suis sûre que vous avez déjà vécu cette sensation d’avoir attendu quelque chose avec impatience, et quand cette chose tant attendue arrive, finalement vous êtes déçus ? Le Base Walk d’Uluru c’est ça… Pour en revenir aux trois points ci-dessus, alors c’est un fait, je n’ai pas croisé grand monde et la vue de près du « Rock » est impressionnante, mais le chemin est tout plat, passe relativement loin d’Uluru en beaucoup d’endroits et devient rapidement monotone… Bref j’ai été déçue même si je suis contente d’avoir mis « à fait le tour d’Uluru » sur mon CV (non ?). J’ai décidé de ne pas faire le Uluru Climb (monter sur le rocher), il faut être étonnamment peu observateur pour ne pas voir que c’est un grand non pour les aborigènes (Uluru est un site sacré).

Valley of the Winds, Kata Tjuta
Autant j’avais entendu parler du Base Walk, autant je n’avais rien lu sur les deux randos possibles à Kata Tjuta, la grande sœur d’Uluru (plus haute de quelques centaines de mètres, il me semble). La plus longe est celle-ci, justement appelée « vallée du vent ». Deux jeunes retraités croisés au début de la ballade me donnent un excellent conseil : faire cette randonnée circulaire dans le sens des aiguilles d’une montre. Tous les panneaux vous poussent à la faire dans l’autre sens mais un cercle est un cercle, je ne vois pas le problème. Je croise quelques personnes mais ce conseil a nettement aidé avec le point 3, je marche seule ! Les paysages sont époustouflants, je passe au milieu de gorges escarpées et de poches de verdures étonnantes dans ce paysage désertique balayé par les vents.

Walpa Gorge, Kata Tjuta
Cette randonnée est facile, ce qui explique surement le monde qu’on y trouve. Le parking est juste à l’entrée de la gorge, d’où l’attrait certain pour les non-adeptes de rando. Le problème du monde dans une gorge ? Le bruit ! Un vrai bazar – autant vous dire que je ne suis pas restée longtemps…

Hidden Gorge, Mount Remarkable National Park
On repart au tout début de mon road trip, et ma première vraie randonnée. 18km de solitude intense (bon je n’aime pas trop le monde mais là je n’ai croisé PERSONNE pendant 5h), c’est assez étonnant et je ne suis pas sûre d’aimer. Cette rando est longue et présente juste suffisamment de difficultés techniques (un peu d’escalade) pour casser la monotonie. Certes le passage dans la gorge est magnifique, mais le reste est moins intéressant. Un des points fort de cette rando reste l’envol de l’aigle d’Australie, à peine à 5m de moi. La frousse ! Ce n’est pas petit comme bête. J’imagine que c’est l’avantage d’être sur un chemin peu fréquenté.

Pound Walk, Ormiston Gorge
Partie très tôt (7h50, un record), je profite du passage du soleil au-dessus des West MacDonnell ranges pour commencer cette belle rando. Le chemin monte bien comme il faut, ça décrasse, et la vue de la vallée en contrebas est vraiment sympa. Plus tard, le chemin « n’est plus balisé » il faut juste suivre la gorge… Soit. Cette rando se transforme en passage de rochers et marche sur sable au milieu du lit de la rivière asséchée, ce n’est pas désagréable mais qu’est-ce que c’est lent ! Encore un fois je ne croise absolument personne sur la route, mais que font les gens quand ils visitent les West MacDonnell ? La randonnée finit sur l’apothéose que sont les trous d’eau permanent d’Ormiston Gorge. J’ai eu le plaisir de tester la baignade dans le plus proche du camping : c’est très frais mais quel bonheur par cette chaleur et pour se débarrasser de la poussière omniprésente dans le Centre Rouge !

Stanley Chasm
Je vous parle de cette ballade rapidement, juste pour vous dire que payer 12$ à la communauté aborigène locale pour voir certes une belle gorge mais de loin pas la plus impressionnante du coin, ce n’est pas un bon emploi de votre budget…

Redbank Gorge
Par contre la courte ballade qui amène à Redbank Gorge, au bout opposé à Alice Springs des MacDonnell Ranges, vaut largement le détour. J’ai eu le trou d’eau au bout rien que pour moi pendant 45 minutes avant qu’un groupe de randonneurs chevronnés ne débarquent. La randonnée en soit n’a rien de très intéressant si on a déjà marché dans une « rivière » à sec du centre rouge mais la fin est tellement chouette que ça vaut vraiment le coup. Comme à Ormiston, il vaut mieux ne pas sous-estimer le passage au milieu de la rivière asséchée.

Voilà pour le moment… Je suis sûre qu’il y aura un volume 2 au moins ! Je reprends mon road trip vers le Nord dès demain…

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You probably know it by now, I like walking. From easy stroll to good hiking, I like walking. What’s more natural then that trying to discover Australia on foot? Knowing that I left France last August 10th, I had time to get a few kilometers of ways under my feet… What I like on a hike is to bring together the following three highlioghts: 1) a little bit of difficulty because it is from above that it is the most beautiful, 2) a breathtaking landscape, if possible similar to no other and 3) not many people on the way.

Rim Walk, Kings Canyon
In my opinion, this is one of the most beautiful hikes I’ve done so far down under. Kings Canyon lies in a well-deserved corner, northeast of Uluru, and towards the West McDonnell Ranges. The first climb is rough but there are some steps, and in the morning cool air, it goes easy enough. Most of the hike takes place on a plateau, so it has the advantage of a relatively flat path and an extraordinary point of view all the way. This hike is for geology and rock lovers, and also those who delight in observing local wildlife: I was able to watch from afar a wallaby (kind of small kangaroo) and her little one who kept going in and out of the pocket of his mother. I love my binoculars! On the last point – that of the amount of other people on the track, I left early enough to avoid at the same time the coaches of tourists, as well as the heat which rises quickly at the end of winter in this desert. Surprisingly, this is one of the only loop hikes that can only be done in one direction (a door blocks access in the other direction).

Uluru Base Walk, Uluru
I’m sure you’ve already experienced this feeling of having waited for something impatiently, and when this long-awaited thing arrives, in the end you’re disappointed? Uluru Base Walk is that … To go back to the three points above, indeed, I did not meet many people and the view of the « Rock » is impressive, but the path is quite flat, passes relatively far from Uluru in many places and quickly becomes very monotonous … To sumlmarize, I was disappointed even if I am happy to have « walked around Uluru » nows on my resume (no?). I decided not to do the Uluru Climb, you must be surprisingly thick not to see that it is a big no no for the aborigenes (Uluru is a sacred site).

Valley of the Winds, Kata Tjuta
As much as I had heard beforehand about the Base Walk, I had not read anything about the two possible hikes to Kata Tjuta, Uluru’s big sister (higher by a few hundred meters to the rock, I think). The longest is this one, very aptly named « valley of the wind ». Two newly retired hikers crossed my path at the beginning of the walk and gave me an excellent advice: walk this circular hike clockwise. All the panels try to make you to do it in the other direction but a circle is a circle. I meet a few people but mostly I walk alone, i like that. The scenery is breath-taking, I go through steep gorges and pockets of amazing greenery, quite exceptional in this windswept desert landscape.

Walpa Gorge, Kata Tjuta
This hike is easy, which surely explains why it feels like a mall on a Saturday afternoon before Christmas. The car park is right at the entrance of the gorge, hence the attraction for non-hikers. And what happens when lots of people gather in a gorge? So much noise! Let me tell you that I did not stay long…

Hidden Gorge, Mount Remarkable National Park
Let’s go back to the beginning of my road trip, and my first real hike. 18km of intense loneliness (well I do not like to many people on a hike but I did not meet ANYBODY for 5h), it’s quite scary and I’m not sure I like that. This hike is long and has just enough technical difficulties (a little climbing) to break the monotony. While the passage in the gorge is beautiful, the rest is less interesting. One of the strong points of this hike was when a large specimen of eagle from Australia took off just 5m from me. Crazy! These things are NOT small. I guess that it is the advantage of being on a less travelled path.

Pound Walk, Ormiston Gorge
As I left very early (7:50, a record), I enjoyed the sun rising above the West MacDonnell ranges. The path goes up steeply at first, and the view of the valley below is really nice. Later, the path « is no longer signposted », you just have to follow the gorge … Right. This hike turns into a passage of rocks and sand in the middle of the bed of the dried river, it is not unpleasant but how slow! Once again, I do not see anyone on the way, I am really wondering what people do when they visit the West MacDonnell ranges? The hike ends on the apotheosis that are the permanent water holes of Ormiston Gorge. I had the pleasure of swimming in the closest one to the campsite: it is very cold indeed but what a joy in this heat and what great way to get rid of the dust that gets everywhere in the Red Centre!

That’s it for now, I am sure there will be a Vol.2. Tomorrow, I leave Alice Springs and will resume my way north.

[Voyages] Dublin – Jour 3: Bray to Greystone

Alors que revoilà la sous-préfète… Ou plutôt le troisième épisode de mes récentes aventures irlandaises, après ça et ça. Je vous rassure, je ne suis pas partie un mois, ce sera plus une mini série qu’un long feuilleton à la « plus belle la vie ». Ouf. Au menu de ce vendredi, coolitude.

On ne commence pas trop tôt, parce que bon, la veille à 7h du mat’ ça pique un peu les yeux. Il faut bien qu’on se rattrape, alors direction Irish Breakfast ! Notre guide d’hier nous a recommandé un restaurant qui, à priori, sert les meilleurs irish breakfast du coin: le métro café, pas loin de Grafton Street. J’opte pour l’option sans oeufs (tu déconnes?) soit des pancakes avec bacon et tutti quanti (miam) alors qu’Alma cède au full irish. C’est beau, c’est bon mais au final c’est peut-être un peu trop « tendance » et pas assez authentique. Moi je ne dis rien, je n’y connais rien et c’était bien bon, ma foi. Et le décor est sympa ! Bref, une bonne découverte.

La plage de Bray, avec au fondle promontoire rocheux derrière lequel se trouve Greystones.
La plage de Bray, avec au fondle promontoire rocheux derrière lequel se trouve Greystones.

Ensuite, il faut bien dépenser tout ça, alors on part vers la banlieue de Dublin. Un petit tour rapide en DART (Dublin Area Rapid Transit, qu’est ce vous croyiez ?), et nous voilà en bord de mer dans la station balnéaire de Bray. C’est joli, c’est pas encore la pleine saison mais le soleil pointe son nez, le vent n’est pas trop froid et la mer est belle. Que demande le peuple ? Une jolie balade ? d’accord ! Il faut un peu plus de deux heures (je n’ai pas compté) pour rejoindre Greystones, de l’autre côté d’un promontoire rocheux. C’est beau, c’est facile, bien délimité et bien indiqué, bref une jolie balade à faire par relatif beau temps. Ici, il faut se bouger même si il pleut ! Car il ne pleut jamais longtemps (enfin c’est ce que je croyais jusqu’à ce vendredi fatidique,pour comprendre il faudra le post de demain).

Sur le chemin de Bray à Greystones.
Sur le chemin de Bray à Greystones.

Bref. La côte est couverte de ces arbustes aux fleurs jaunes (des ajoncs épineux, il paraît) qui sentent si bon la noix de coco (étrange en Irlande) et de plein de sortes de fleurs sauvage, j’adore. Il y a aussi des tas d’oiseaux marins, mai aussi le clou du spectacle: j’ai vu un phoque ! Au début, j’étais là « non c’est un rocher », « ah ben non ça bouge », « oh c’est un phoque », « oh il est déjà parti », « reviens ! ». Excellent ! A priori, d’après notre expert local es  Dublin, il était là pour effrayer les oiseaux qui mangeaient son poisson, pas pour manger les oiseaux eux-mêmes. Mouais. C’est pourtant pas mauvais, la mouette, n’est-ce pas ?

Sur le chemin de Bray à Greystones (avec les fameux ajoncs)
Sur le chemin de Bray à Greystones (avec les fameux ajoncs)

Il est 14h30, et devinez-quoi ? J’ai FAIM ! Etrange, non ? Bref, nous nous dirigeons vers un café de Greystones qui nous a été recommandé par le même expert que je mentionne plus haut. Enfin, recommandé, « ah ben non moi j’y suis jamais allé en fait ». Tout ça me rappelle une vieille histoire de Vosges et d’Ardennes. Moi, voyageant dans les Ardennes belges avec des amies, dit « c’est beau par ici, on dirait les Vosges », « ah oui ? tu connais les Vosges? », « ah ben non, en fait ». Oh, oh. Mais fermons la parenthèse. Le café, « The Happy Pear », était un excellent choix, dans le genre magasin/bar bio à l’extrême et bobos qui vont avec, pour un repas en terrasse super sympa avec des bonnes choses dedans. Alma et moi avons cru de prime abord que le bol de ragoût et l’assiette de salade posés sur la table à côté de nous était une sorte de vitrine de ce que nous pouvions manger dans ce bar, donc nous n’avons rien fait que nous émerveiller avec des « oh » et des « ah » quand un oiseau tout mimi est venu choper un morceau de ragoût. Ah, non, en fait il s’agissait de repas d’un jeune homme voyageant seul, qui était rentré quelques minutes dans le bar… Oups !

C’est amusant comme les retours en train paraissent souvent plus long que les allers, et celui-ci n’a pas échappé à la règle. La suite de la journée se passe en séance shopping bien comme il faut dans les magasins de Henry Street (Debenhams, Penneys…), puis nous nous posons à The Church, une église désacralisée (obviously), transformée en lieu de perdition (entendez un bar/resto/boite plutôt sympa). On est vendredi, le bar principal est bondé, tant pis on se replie vers la crypte, quelle bonne idée: un groupe de musique folklorique s’y produit, avec danseurs ! Tout ça se transforme en night club plus tard mais nous restons soft, on mange un peu et hop, retour à l’hôtel pas trop tard. Après tout, nous n’en pouvons plus et le lendemain la journée sera loooooongue.

A bientôt pour la suite !