[Cinema] The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society, de Mike Newell.

Je ne suis pas sûre d’avoir vu un titre aussi long depuis que j’ai commencé à fréquenter les cinémas… En tout cas si The Guernsey n’est pas le plus long, on tient quand même un champion, non ? Je m’étais déjà dit ça en lisant le livre, il y a quelques années déjà. Je me souviens d’ailleurs m’être dit à l’époque que ce livre allait d’office se voir adapter en film. Ma prescience m’épuise parfois. En tout cas, ça, c’est fait : Mike Newell (Mona Lisa Smille, Love in Time of Cholera), quand même une sacrée pointure du film d’époque, s’est attelé à la tâche de ce double film historique.

Double ? Oui, double ! Car nous n’y voyons pas seulement une mais deux époques du passé proche s’entremêler sur l’écran. On assiste à deux histoires parallèles, celle de la société littéraire pendant la deuxième guerre mondiale et l’occupation de Guernesey par les allemands ; et celle de Juliet, écrivain en panne d’inspiration, qui vient enquêter sur le phénomène qu’est cette société littéraire. Et c’est justement ce duo qui donne une dimension très riche a cette œuvre, que ce soit en livre ou en film. Je m’explique. Il y a un mystère qui court tout au long de l’histoire, le spectateur/lecteur suit Juliette dans son enquête, à essayer de découvrir ce qui a donc bien pu se passer pendant les années troubles de l’occupation. La communauté blessée de Guernesey n’est pas vraiment facile à intégrer, sauf peut-être via les plus jeunes, qui n’ont pas subi les horreurs de la guerre de la même manière. C’est une période grise et dure de l’occupation (ciels bas, nuit, froid dominant…). De l’autre côté, on assiste à la reconstruction effrénée de Londres, où tout un chacun se lance dans une course au plaisir acharnée (danse, bar bondés, bling bling dans tous les sens), mais aussi la reconstruction de l’ile (soleil, beaux paysages…). Newell nous montre ce contraste d’une main de maitre par les jeux de lumière qu’il utilise. Et maintenant, bravo, j’ai envie d’aller visiter Guernesey. C’est malin !

Pour ceux qui se poseraient la question, non, film n’est pas une suite de Downton Abbey – même si le casting ressemble étrangement à celui de la série historique phare de ITV. On a d’abord en période d’après-guerre la lumineuse Lily James, que j’aime beaucoup, qui joue Juliet, la journaliste en quête d’inspiration. Elizabeth, l’héroïne pendant l’occupation, est quand a-t-elle jouée par Jessica Brown Findlay (souvenez-vous de Lady Sybil). On trouve aussi dans ce film Matthew Goode (une des prétendants de Mary), qui joue l’excellent amie de famille/éditeur de Juliet, ainsi que Penelope Wilton (ah, Mrs Crowley) qui joue la figure maternelle d’Elisabeth, blessée mais fière. A priori les autres acteurs au générique n’ont pas joué dans Downton Abbey, j’ai vérifié… Mais ça ne joue pas du tout en leur défaveur. Parmi eux, notons le délicieux et brulant Michiel Huisman (ou le second Daario Naharis de Game of Thrones si vous preferez), qui joue tres bien le beau brun tenebreux, tellement tenebreux qu’il en réussit à presque louper sa chance de bonheur. Le GI amoureux de Juliette est assez insipide mais bon, il est bien utile mais il n’est pas là pour briller non plus.

Je mettrais deux bémols à ce film quand même. L’héroïne Juliette tourne un peu à la Mary-Sue à mon gout, un poil trop niaise. Elle n’a pas de problèmes cette petite, et on dirait qu’elle a peine vécu la guerre (à part un évènement tragique, choupette). C’est l’après-guerre mais elle passe au-dessus des problèmes que cette période difficile a engendre… Ce n’est qu’au milieu du film qu’elle se demande si elle a encore de l’argent, et surprise elle en a encore ! on applaudit ! C’est un poil too much quand même. Et cette robe jaune, non, juste non. Un autre point qui m’a embêté, j’ai trouvé que la résolution du triangle Elisabeth-Dawsey-Juliet bâclée par trop de non-dits. Il me semble que dans le livre c’était plus clair que ça, mais je vous laisse juger.

Dans l’ensemble, c’est un bon film, avec de bons acteurs et un set plus que chouette, mais un peu trop léger pour ce qu’il aurait pu être. 3.5/5.

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Good evening to you to my dear cinema-lovers! Today I will review the movie with the longest title ever (or at least of the movies I have seen and remember). Seriously, this title is a mouthful. When I read it a few years ago, I remember thinking that first, this would be a great movie, and that, second, this title would be interesting on a movie poster. Well, they did certainly avoid around the problem by making it in the form of a post stamp, way smaller than the heroin played by Lily James. Well done. So, I knew this would be a movie and I am glad one of the champion of period movies, Mike Newell (Mona Lisa Smile, Love in Time of Cholera), has tackled this double historical feature.

Double! Yes, indeed… In this movie, we are getting back and for the between two different periods, one during the German occupation of Guernsey during the Second World War, and the second during the reconstruction years after said war. The two periods are finely meshed around a mystery involving a literary society and a fierce woman named Elisabeth that Juliet, a writer looking for inspiration, is trying to decipher. So, we alternate between the grim, cold and menacing period of the occupation, with gay and jolly circus period that followed for those who survived it unscathed, in fun times spend dancing in bar, bright new paint on door and sun shining. Mike Newell plays the colour palette quite well in this creation of his. And now I want to visit Guernsey!

Some people, looking at the cast, may ask: Is that a sequel of Downton Abbey? No, it is not (unfortunately?), but the actors certainly make you think so. The heroin Juliet is played by the impossible-to-avoid-lately Lily James (I like her, don’t get me wrong, but she is indeed everywhere, isn’t she?), and her occupation counterpart is played by Jessica Brown Findlay (remember Lady Sybil?). We also find on Guernsey Penelope Wilton (Mrs Crowley) and in London, Matthew Goode (one of Mary’s suitors). The non-Downton cast are not to be left aside, especially the hot and brooding Michiel Huisman (Daario Naharis in Game of Thrones). Too brooding that he almost looses his one chance of happiness but well. The actor playing the GI is not worth mentioning, a bit meh I thought.

I would put down two minus marks for this movie. The first one is about the heroin, who I find just too naïve to my taste. The period after the war was quite grim, and she goes around without a care in the world and only ask halfway if she still has money. Well. And that yellow dress, although she wears it well, no, just no. The second point I did not like so much was the way the resolution of the love triangle is done – I think it was way clearer than that in the movie. But let me know what you think.

Overall, a good movie, with interesting characters and a nice set, but a bit too light for what it could have been. 3.5/5.

[Cinéma] Lady Bird, de Greta Gerwig

For my review of this movie in english, please check below the « en français » part.

Lady_Bird_posterLe printemps pointe son nez en Angleterre, et c’est la première sortie de mon manteau demi-saison: direction le fameux cinéma Odyssey, à St Albans. Quel chouette endroit ! Il n’y qu’une seule salle, un théâtre en fait, avec fauteuils confortables, nappes blanches sur tables rondes et bar ouvert durant tout le film. Le tout das une ambiance très Golden Age d’Hollywood. D’habitude je vais au multiplex du coin mais quand l’occasion – ou un meetup bien organisé – se présente, je me fais un plaisir d’aller me faire une toile dans ce cinéma à dominante art & essai.

Au menu de cette soirée, Lady Bird. Une histoire, apparemment autobiographique, qui vous retourne en toute simplicité. Comment ? Il s’agit simplement d’une histoire vieille comme le monde, basée sur les relations entre une ado rebelle et sa mère épuisée qui a du mal a joindre les deux bouts. D’un côté comme de l’autre, les mots ne passent pas. Et pourtant l’amour entre les deux protagonistes est évident. On a vraiment envie de leur dire « mais ça suffit ! ». Ce n’est pas un thème nouveau, mais il est traité de manière délicate et très intéressante, et surtout très juste. « Pensez-vous que l’amour et l’attention sont vraiment deux choses différentes ? ». On n’est pas sur un blockbuster bien sûr, mais sur une pépite poétique très agréable à regarder.

Qu’est-ce que j’aime Saoirse (prononcez Sorcha, vive les Irlandais) Ronan ! Voilà une actrice qui m’émeut sérieusement, et ce depuis

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un bon bout de temps: The Lovely Bones, Hanna, Brooklyn – pour ne citer que quelques uns de ses films. Je sais bien que le monde de Hollywood nous a habitué aux vieux adolescents, mais Saoirse a 24 ans, pas 17… Pourtant, son duo avec la toute aussi excellente Laurie Metcalf porte l’ensemble du film.

Si le genre vous intéresse, je vous conseille de ne pas perdre de temps. Qui sait combien de temps il restera à l’affiche !

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Spring is coming, and I put on my light coat for the first time to get to a nice Meetup at the Odyssey, the famous « artsy » cinema in St Albans. Far away from the local multiplex, this is a gem of a cinema, straight out of Hollywood’s Golden Age. White cloths on round tables, comfy chairs and bar opened during the whole movie – we’re far away from the usual Cola & Pop-Corn. Whatever the movie’s on, i urge to go and try this experience.

So tonight, we have this interesting coming-of-age story, which looks autobiographic, and is delivered excellently although the subject has been broached over and over again. The relationship between a rebellious daughter and her tense mother, who can barely make do for the whole family, and has less than an inch of patience for the antics of her daughter. And yet pushes her to be her best, and is bursting with repressed love. « Don’t you think love and attention are the same thing? ».

But obviously, the one reason I went to the cinema is Saoirse (pronounce Sorcha, seriously, what is it with Irish names. Here is an actress I truly like and admire, and that since quite some time: The Lovely Bones, Hanna, Brooklyn – just to name a few. She is 24 yo now but plays a 17 yo… Apart from that, her perfomance is excellent and full of feelings. Of course, she has a worthy oponent in the person of Laurie Metcalf – who plays the mother.

If this is your kind of stuff, run to the cinema – it’s been out for quite some time, and may not stay out for that much longer.

[Cinéma] L’Ile aux Chiens, de Wes Anderson

For my review of Isle Of Dog, check below the en français part.

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Les chiens sont formidables.

Wes Anderson. Cinéaste hors caste, abonné aux performances hors normes (l’étonnant La Vie Aquatique) et aux coups de génie venus de nulle part (souvenez-vous du burlesque Grand Budapest Hotel), Wes Anderson nous revient avec encore une fois un autre OVNI en stop motion : l’île aux Chiens, un film étrangement attachant. Je l’ai vu en anglais, mais n’hésitez pas à aller le voir en français: Wes Anderson, fervent francophile, a particulièrement travaillé la VF (c’est pas moi, c’est le magasine de l’Utopia qui le dit, alors…). A noter que Wes Anderson a reçu un Ours d’argent à la Berlinale 2018 pour ce film.

Les premières minutes étonnent. On entre dans un conte japonais ancien, stye estampes, avec jeux d’ombres, musique lancinante et bravoure. Puis le gros de l’histoire se passe dans un futur proche, au Japon. Les chiens parlent anglais entre eux, et on les comprend, c’est simple. Les humains, eux, parlent japonais – on n’a aucune idée de ce qu’ils disent, même si les émotions transparaissent facilement grâce aux fabuleuses expressions des personnages, et à quelques mots étrangement familiers (sit-u: assis, facile). Il s’agit d’un conte moderne, d’une poésie soignée, et avec une morale très actuelle: la haine mène au chaos. En tout cas, c’est mon interprétation.

L’animation est plus que soignée. Après une période d’adaptation, on en oublie (presque) qu’il s’agit de stop motion, et pas d’animation « classique ». Et c’est dire si c’est bien fait: Image result for l'ile aux chienschaque plan requiert un micro mouvement des figurines, de leurs expressions et des décors, et il y a beaucoup de plans par seconde (aucune idée de combien, mais clairement, beaucoup). Bon ça fait trois fois que j’essaie d’exprimer une idée, pas sûre que j’y arrive : le rythme du film n’est pas lent, mais il y a des arrêts sur image, des emphases si vous voulez, qui selon moi, donnent de la profondeur au film.

Les personnages sont extrêmement bien achevés, qu’il soient humains ou canins. Je salueImage result for l'ile aux chiens la bravoure du jeune Atari, la fourberie manipulatrice de son oncle et je donne une mention spéciale pour l’équipe des savants (ah, la faiblesse de la science contre la politique…). Mais les personnages principaux restent les chiens. Et le rendu de leurs caractères reste pour moi l’un des points forts de ce film: oui, ils parlent et on les comprend mais non, ils ne sont pas humains et réagissent comme des chiens, aucun doute là-dessus. Même leur manière de parler est rythmée sur des aboiements, grognements et autres expressions purement canines. Il faut le voir pour le croire.

L’ayant vu en anglais, je ne peux que parler du casting canin cinq étoiles en VO, mais la liste est impressionnante, que du beau monde : Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray, Jeff Goldblum, ScarJo… Pour ne citer qu’eux. OK, il ne s’agit « que » de leur voix, mais quand même ! Les japonais qui campent les humains sont inconnus à mon bataillon, sauf, étonnamment, Yoko Ono qui joue un personnage qui s’appelle, je vous laisse deviner… Yoko Ono!

J’ai donc, vous vous en doutez, passé un excellent moment, et je vous recommande de le voir sans tarder. Par contre, attention: oui il s’agit d’un film d’animation, mais non, ce n’est pas un film pour les jeunes enfants.

Image result for 5 étoiles

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Here goes…

Dogs are fantastic.

Wes Anderson is known to be a sort of UFO in the wonderful world of cinema. Never doing what we may expect from him, he managed to give us weird fun (The Life Aquatic of Steve Zissou) or unexpected genius (Grand Budapest Hotel). This one, in my opinion, falls into both categories, in stop motion on top of it all. It is nice to know that i am not the only one thinking this is a great movie : it received silver at the Berlinale this year.

So. This is an animation movie, although not for small kids, in which we understand dogs, who speak english, but not humans, who speak Japanese (apart from some very recognizable words such as sit-u, obviously « sit »). It is set in Japan, in a near future, and is a tale of brotherly love and the power of hatred. But that would be too simple a summary, i urge you to go and watch it for yourself.

The stop motion is amazing. Knowing that each second of movie requires an incredible number of « sets », in which the decor, the figurines position and their facial expressions  change ever so slightly, you can only appreciate the amount of work that went into that movie: it feels seemless. The movie is not slow, but there are emphasis that makes it quite ryhtmic.

But to me the best part is the work that went into the characters, especially the dogs. Each have their own personnality, and even if they are they only ones we understand, they truly are – and behave like – dogs. They are not, like in other animated movies, merely humans in animal form. They speak in what sounds like barks, they fight over a piece of garbage, they stop in the middle of a conversation because they heard « something »…

Just a note about the cast… Although most of the « human » caracters are voiced over by unknown japanese actors (or rather, unknown to me), the cast of dogs is nothing short of 5 stars : Bryan Cranston, Edward Norton, Bill Murray, Jeff Goldblum, ScarJo… Just to name a few ! All with strong and amazing voices… I will make a special mention to the interesting cameo of Yoko Ono, who plays a human named… Yoko Ono !

Therefore, there is no doubt about what you should do… Run to the cinema !